La nuit tombe lorsque nous arrivons par hasard Nashtifan. Sans connexion internet, le village de terre semble hors du temps. Dans la cour d’une auberge, deux couples iraniens boivent le thé autour d’un feu. L’accueil est immédiat, presque familier. Les tasses se remplissent avant même que nous ayons posé nos sacs.
L’auberge est complète, mais on nous conduit aussitôt chez les voisins. Une maison traditionnelle aux murs de torchis, une petite cour décorée d’un jardin soigné, des broderies colorées faites main accrochées aux murs. La famille qui nous reçoit déborde de douceur et de simplicité. Tout le monde se réunit pour le thé. Les deux jeunes garçons enfilent leurs habits traditionnels et jouent un instrument à cordes de la région. On chante, on rit, on échange des photos. En quelques heures, on a l’impression d’être de la famille. L’hospitalité iranienne, réputée dans tout le pays, se révèle dès la première soirée.
Au matin, nos hôtes nous emmènent voir les moulins à vent verticaux, vieux de plus de 3 000 ans. Certains tournent encore. Ali Mohammed, 92 ans, dernier meunier du village, nous guide fièrement jusqu’à son atelier. Appuyé sur sa canne, il nous montre les gestes transmis de père en fils.
Dans la soirée, deux musiciens débarquent, saluent l’assemblée et commencent à jouer. Quelques notes suffisent pour que tous comprennent, eux y compris, qu’ils se sont trompés d’adresse. Fou rire général. Avant de repartir, ils nous offrent un dernier air comme cadeau d’au revoir.
Nous quittons Nashtifan le cœur serré. Nous ne connaissons ces gens que depuis quelques heures, mais nous avons l’impression de laisser derrière nous notre maison.