À peine cinq minutes après le départ, un éboulement bloque déjà la route. Les pelleteuses sont à l’œuvre. Sur la piste la plus dangereuse d’Europe, les engins de chantier travaillent sans relâche. Plus d’une dizaine sont mobilisés sur les 70 kilomètres qui mènent à Omalo, une route sans cesse en réparation.
Dans les gorges de la Stori, nous longeons une falaise friable. À quelques centimètres des roues, le vide donne le vertige. Plus loin, un nouvel éboulement nous immobilise avant les lacets du col d’Abano, à 2 730 mètres. Il faut composer avec le précipice d’un côté et les Delica lancés à toute vitesse de l’autre, ces minibus 4x4 qui semblent toujours transporter deux fois plus de passagers qu’ils ne le devraient.
Puis vient la descente vers la vallée de la Chabalakhi, spectaculaire. Les alpages d’un vert éclatant sont parsemés de hameaux, de chalets en bois et de tours de pierre médiévales. Des chevaux paissent paisiblement tandis que les sommets enneigés veillent sur la vallée, où se niche le plus haut villages habités d’Europe.
Quatre heures de piste pour un décor inoubliable. Malheureusement, la pluie fait rapidement son retour et écourte notre découverte.
Nous espérons qu’Antoine et Sabrina repartiront avec le souvenir d’une Géorgie aussi sauvage qu’imprévisible.