Après une journée éreintante sur les pistes poussiéreuses de Sibérie, nous atteignons la ville frontalière, tard dans la soirée. À l’entrée, un contrôle : les autorités nous somment de traverser immédiatement. Pas question d’attendre demain.
Fatigués, secoués sans relâche par les nids-de-poule et la tôle ondulée, les derniers kilomètres nous ont vidés. Camions, troupeaux de vaches, de chèvres, vigilance constante.
Sur le chemin, des villages oubliés du temps. Des cabanes en bois, un puits dans le jardin pour les chanceux. Ni routes, ni bitume, juste du sable et de la terre battue. Des enfants jouent à la marchande au milieu de la piste ; des vaches somnolent à côté. Un peu plus loin, trois vélos abandonnés sur la berge : leurs jeunes propriétaires s’éclaboussent dans la rivière.
On aimerait s’arrêter, découvrir. Mais le Nadaam nous attend : cap sur la Mongolie.
Minuit. Nous franchissons la frontière. Trois check-points, une fouille, des tampons : « Bienvenue en Mongolie. » Il est 3h du matin.