La montée vers le parc du Sagarmatha nous entraîne en territoire yéti. Dans la vallée du Khumbu, la créature n’est pas qu’un mythe. On raconte même que son crâne serait exposé dans un monastère.
Mais suivre les traces du yéti se mérite.
Deux jours de trajet éprouvants sont nécessaires pour atteindre Surke. D’abord, une interminable journée de bus depuis Katmandou. À bord, tout déborde : passagers, sacs, cartons. À chaque virage, les bagages chutent des banquettes, s’écrasant sur les voyageurs. L’allée centrale disparaît sous les glacières et les sacs de grains. Faute de place, certains s’installent dessus, d’autres sur les genoux de Loïc.
Très vite, les secousses et la conduite chaotique retournent les estomacs. Des sacs à vomi passent de main en main, dans une solidarité spontanée. Une musique indienne diffusée à plein volume martèle les oreilles pendant des heures.
Sur le toit, les marchandises s’empilent, bientôt rejointes par des passagers supplémentaires. Sur ces routes chaotiques, les bus foncent malgré tout, chargés à l’extrême, passagers sur le toit, oscillant dans les virages.
Le lendemain, la route se poursuit en jeep. La piste, étroite et boueuse, longe les précipices. Par endroits le véhicule patine. Un camion en panne bloque le passage : embrayage hors service. Sans hésitation, chauffeurs et passagers descendent, s’enfoncent dans la boue et poussent ensemble pour libérer la voie. Loïc se mêle à l’effort.
Lorsque Surke apparaît enfin, le corps est plus éprouvé qu’après des centaines de kilomètres de marche.