On débarque à Vladivostok en soirée. À la douane, l’ambiance est un peu tendue : interrogatoires et fouilles de téléphones aléatoires, d’après les rumeurs à bord.
Pas de chance, Loïc est emmené. Une douanière remarque mon stress, me glisse un sourire : « No problem, normal, just 3h. »
Il ressort au bout d’une heure. Soulagement.
Yuri, notre contact logistique, nous attend à la sortie. Il nous conduit à l’hôtel et nous fixe un rendez-vous le lendemain pour les formalités d’importation du 4x4. Le véhicule restera trois jours à la douane pour contrôle.
En attendant le Land, on explore Vladivostok. À ma surprise, la ville a du charme. Le rétro est tendance ici, restos, boutiques vintage, antiquaires. On repart avec une flasque soviétique et quelques pin’s.
On tombe par hasard sur une cantine typique : affiches soviétiques, buste de Staline, déco figée dans le temps. Un saut de 50 ans en arrière. Au menu : cuisine traditionnelle : tartes de pommes de terre, salade russe, hareng au vinaigre, cerf Stroganov. Loïc, ravi de quitter l’alimentation asiatique, se gave de purée.
Le soir, on flâne. Le soleil se couche tard, 21h30. Sur le front de mer de Sportivnaya, ambiance festive : breakdance, pianistes, familles en balade, bières à la main. Les enfants courent, les rires fusent. Rien à voir avec le Japon. Ici, on parle, on sourit, on plaisante. Mes préjugés sur les Russes tombent un à un.
Trois jours plus tard, on récupère le Land. Merci à Yuri, qui s’est occupé de tout avec efficacité.
Vladivostok est un chaos organisé : les voitures déboulent de partout, grillent les lignes, s’insèrent sans prévenir. On serre les dents. Chaque trajet est une petite victoire.
Mauvaise surprise : la réparation bricolée au Japon lâche. Une réglette d’alu tombe, la galerie menace à nouveau. Sur les conseils de Yuri, on trouve une zone de garages : un immense terrain bordé de boxes où les mécanos enchaînent les véhicules à un rythme effréné.
Un garagiste examine notre problème. On lui exposé notre idée de souder une barre sur la gouttière. « Absurde », tranche-t-il.
Il propose une autre solution : nouvelles fixations soudées au-dessus des montants. Marché conclu.
Malgré l’affluence, le 4x4 entre en atelier sans attendre. Quelques heures plus tard, il est prêt. Travail propre, tarif raisonnable. On croise les doigts pour les pistes mo ngoles et kazakhes.