L’homme au turban, kalachnikov en bandoulière, nous rend nos passeports à travers la vitre « Welcome in Afghanistan ».

La frontière ouzbèke a été expédiée en quelques minutes : fouille, tampon, papiers. Puis traversée d’un pont. Et soudain, un autre monde.


Sur l’autre rive, les sourires disparaissent. Enfants pieds nus, poussière en suspension, femmes en niqab noir ou en burqa bleue, cohue permanente. Les talibans inspectent rapidement la voiture, fouillent à la recherche d’alcool, reniflent nos bouteilles d’eau. Ils ne s’adresse qu’à Loïc : « Comment elle s’appelle ? Son passeport ? »

J'ai revêtu une longue robe de soie ouzbèke par-dessus mon pantalon, foulard serré sur la tête. Les tampons enfin obtenus, nous nous jetons dans la foule compacte.


Cinq checkpoints jalonnent la route jusqu’à Mazâr-e Sharif. À chaque fois, les mêmes gestes : passeports, permis, questions. Parfois on nous fait sortir, escortés vers une pièce sombre où un homme bedonnant, allongé sur un matelas, demande notre itinéraire. La tension ne retombe pas.