« On est en Iran ? Mais on n’a pas de tampon ! »

On ne s’était même pas rendu compte qu'on venait de sortir du poste-frontière. Ici, tout n’est que confusion : la frontière la plus chaotique que nous ayons vu depuis le début du voyage. Six heures à courir d’un bureau à l’autre, sommés d’obtenir un nouveau tampon, puis une photocopie, avant de subir deux heures de contrôle de nos appareils électroniques. Et la sanction, destruction du drone, objet interdit en Iran.


Dehors, camions et taxis forment un tourbillon. On tente de se frayer un passage au milieu d’hommes parlant persan. Aucun ne parle anglais, mais tous s’agglutinent autour de nous pour aider. Leurs indications se contredisent, leurs gestes nous perdent davantage. Et pour compliquer encore les choses, les douaniers sont en civil. Aucun uniforme. Impossible de distinguer un agent d’un chauffeur de taxi. Les uns ouvrent le 4x4, les autres réclament nos passeports. À qui faire confiance ?


On passe de cabane préfabriquée en cabane, happés par une foule brandissant passeports et cartes grises. La bousculade est permanente. On finit par sortir du poste sans même s’en rendre compte : carnet de passage tamponné, visa validé… mais passeport vierge. Demi-tour, nouveaux guichets, nouvelles explications approximatives. Finalement, un geste nous rassure : le tampon n’est pas nécessaire. On s’échappe, épuisés.


Bonne nouvelle : on a rempli le réservoir du Land Cruiser pour moins de quarante centimes. En Iran, le litre de gasoil ne coûte que 0,003 €, bien moins cher que l’eau.