« Sleep, no ! » À l’entrée du parc national du Tavan Bogd, le gardien tranche d’un anglais rudimentaire. Malgré nos permis militaires obtenus à Ölgii, impossible de passer la nuit près du glacier, frontière avec la Chine et la Russie.


Un peu déçus, nous poursuivons la piste la plus chaotique du voyage. Peu à peu, les sommets enneigés apparaissent : pics noirs et blancs, abrupts et mystérieux. Deux langues de glace descendent jusqu’à la rivière. L’altitude se fait sentir, à 3 116 mètres, le Land tousse au redémarrage.



L’un des pics, le Malchin, est accessible aux randonneurs. Prêts à gravir le sommet de 4050m, nous entamons la marche, mais l’accès nous est refusé : des militaires interdisent l’ascension sans guide pour des raisons de sécurité frontalière.



Nous noyons notre frustration dans un bol de soupe au mouton, dans une yourte où la chaleur du poêle compense la propreté douteuse. Un petit garçon au bonnet à oreilles, le visage maculé de morve, nous dévisage avec curiosité.