« Bon, vous avez du gasoil, de l’eau, des conserves ? Let’s go ! » Nous quittons nos amis polonais pour rejoindre Lyle, bushman australien expérimenté au volant de son Land Cruiser 78. Objectif : traverser 450 kilomètres de Gobi jusqu’au prochain village. La piste est parfois technique, souvent splendide. Nous voulons atteindre Hermen Tsav avant la nuit.


La trace s'efface, une erreur de cap nous entraîne dans le lit sec d’une rivière. Impossible de rejoindre la piste au sommet de la falaise rouge dressée à notre droite. Le soleil descend, la tension monte. La rivière nous conduit à une dune. Lyle s’élance, teste le sable : compact. Nous le suivons.


Au sommet, c’est la claque. Sous la lumière rouge du couchant, des formations rocheuses surgissent du sable comme les ruines d’une cité oubliée. Le silence est total, seulement brisé par le souffle du vent. Lyle frissonne, Loïc sort le drone, presque à contrecœur de détourner les yeux du panorama.


La pleine lune prend le relais et éclaire notre descente au pied de ces falaises flamboyantes. Le lendemain, nous explorons un dédale de galeries orangées creusées dans le sol, parsemées de petits arbres, slalomant entre dunes et scultures de roche. L’endroit a quelque chose d’ensorcelant, comme s’il cherchait à retenir ses visiteurs prisonniers de sa beauté.