Nos hôtes, d’une grande gentillesse, nous convient à partager un plov en fin d’après-midi. La maîtresse de maison m’invite à rejoindre le cercle des femmes. « C’est une réunion entre amies et parentes, on mange et on lit des livres», me glisse-t-elle avec un sourire.


Tandis que Loïc s’installe sur la terrasse, parmi les hommes, un jeune garçon me conduit jusqu’à la salle à manger. Là, une vingtaine de femmes sont assises en tailleur autour d’une table débordante : pyramides de fruits, assiettes de pâtisseries, feuilletés, plats sucrés et salés s’empilent dans un désordre joyeux. On m’accueille avec chaleur, on me tend des dizaines d’assiettes, je goûte à tout, c’est un festival de saveurs. Les théières circulent sans fin, les conversations se mêlent aux éclats de rire.


Au bout de la table, une femme préside la rencontre. D’une voix claire et profonde, elle lit en ouzbek, puis entonne des versets du Coran. Ses cantillations emplissent la pièce, vibrantes, presque hypnotiques. L’émotion est palpable. Entre deux prières, la vie reprend son cours : les voix montent et les plats changent de main.


Enfin arrive le plov, monumental, fumant, généreux. Je regrette un instant d’avoir abusé des petits feuilletés aux herbes. Mais comment résister ? Tout ici respire la convivialité, la foi, et la joie simple d’être ensemble.