Arrivée suffocante à Katmandou. La ville est noyée dans un brouillard de pollution ; le ciel disparaît derrière un voile gris, l’horizon est invisible.
On se perd vite dans le labyrinthe de ruelles étroites. À chaque coin surgit un temple où se mêlent rituels hindous et bouddhistes. Clochettes, volutes d’encens, statues patinées, drapeaux de prières : les croyances s’entrelacent et nous laissent un peu perdus.
Les Népalais avancent d'un pas rapide sur les pavés disjoints. Les motards, en claquettes, se faufilent entre les tas de briques. Leurs klaxons résonnent autant qu’au Sri Lanka.
Au-dessus des rues, les câbles électriques pendent en grappes. Des nœuds inextricables de fils s’entremêlent par centaines, formant des amas noirs d’où l’on devine à peine l’existence d’un poteau.
Lors de la visite d’un temple bouddhiste, nous sommes entraînés dans une minuscule échoppe de bols tibétains. La vendeuse nous explique, dans un anglais expéditif, les vertus thérapeutiques de ces instruments. Elle en fait chanter un sur nos tête. La vibration emplit la pièce. Nous repartons après un « Om » partagé.
« Demain tout sera fermé, c’est les élections ! » nous dit-on.
Le lendemain, pourtant, presque tout est ouvert. Nous en profitons pour faire quelques courses, envoyer des cartes postales et préparer nos sacs pour le trek des Annapurnas. Permis du parc national en poche, nous rejoignons en fin d’après-midi la foule rassemblée à Durbar Square. Les drapeaux s’agitent au-dessus de la place, l’espoir est dans les regards.
Le soir, dîner dans un petit restaurant chinois. Le patron nous félicite pour notre habileté avec les baguettes. Nous accueillons le compliment avec une certaine fierté : ces cinq mois passés au Japon auront finalement porté leurs fruits. On nous sert de l’alcool de riz. Le propriétaire, jovial, passe la soirée à notre table. Nous déclinons le deuxième verre.
Le lendemain matin, on embarque dans un minibus flanqué du poster de Christiano Ronaldo, direction Besisahar, point de départ du tour des Annapurnas. Les sacs à dos sont entassés sur le toit, mêlés à une montagne de colis. La route promet d’être mouvementée.