Chaque nuit noire devient expédition. Réveils à des heures indécentes, lampes frontales vissées, trépieds, téléobjectif et grand angle en main, caméra en bandoulière. Traversées de rivières glacées, escalade dans des couloirs de roches friables, descente acrobatique dans les pierrier : chaque photo de la voie lactée se mérite.
La mission du soir, l’éclipse de l’une, commence mal. Premier poste d’observation : un piton rocheux qui promettait un panorama “grandiose”, l’angle raté, lune trop haute. Nous descendons au bord de la rivière, trois paires d’yeux scintillants nous observent, des gazelles ? Meilleur cadrage, mais les nuages envahissent le ciel. Rideau. Retour à la voiture, frustrés.
Réveil en sursaut une heure plus tard : « le ciel s’est dégagé, regarde ! » La lune rouge éclaire la steppe, suspendue dans un ciel étincelant, Deuxième tentative, deuxième escalade au milieu des buissons qui s’agrippent aux chevilles. Mais à nouveau les nuages débarquent. L’astre s’est dérobé. Loïc, un peu amer, n’aura pas l’image rêvée, obligé de composer avec les quelques clichés timides.