La boue m’avale presque jusqu’aux genoux. Des bulles éclatent à la surface. J’avance prudemment, attiré par l’illusion de marcher sur un miroir.


Autour, un silence dense. Un oiseau rase l’eau, brise le reflet, puis tout redevient immobile. Les chevaux, eux, grignotent la croûte de sel qui ourle les rives, silhouettes puissantes sur fond pastel.


Le décor est irréel, figé dans une lumière de fin du jour.


Une mobylette pétarade, deux Kazakhs déboulent dans le décor, casquette sur la tête, sourire francs. Ils bredouillent quelques mots, hésitent, rient. On devine, on répond par gestes, on baragouine un peu de russe. Fou rire immédiat.


Tous, nous profitons des dernières lumières. Le lac reprend son calme, immense miroir où se perdent les nuages.