On dégonfle un peu les pneus avant de s’engager sur la piste. L’expérience de la Mongolie nous rend plus confiants, presque téméraires. Deux cents kilomètres de piste isolée nous attendent. Le Land franchit sans broncher un col à 4028 mètres. On croise un camp de travailleurs chinois, au milieu de ce désert d’altitude. Le ciel s’assombrit. Une tempête de grêle s’abat, transforme en un instant l’herbe jaune du plateau en tapis blanc. Le paysage bascule.
La nuit tombe au lac Arabel, à 3845 mètres. On ne sort que pour les envies pressantes. Le matin, silence immobile. Les herbes gelées, sol blanchi. Le glacier se reflète dans l’eau calme. Des gazelles détalent à notre réveil. Des yaks s’approchent, impassibles, poils au vent. Un cycliste solitaire apparaît, tente sur le porte-bagage.