« Namaste », un petit homme souriant descendant le sentier d’un pas léger, panier en osier sur le dos. Le chemin vers le base camp du Mardi Himal s’enfonce dans une forêt luxuriante, saturée d’humidité. La mousse recouvre tout :troncs, racines, lianes, tandis qu’une brume épaisse accompagne la progression jusqu’en altitude.


Sur la piste, la vie locale s’impose par touches vives. Des mules surgissent dans la descente, galopant entre les randonneurs, guidées par les sifflements continus de leur conducteur. Un peu plus loin, une famille népalaise avance à son rythme : la jeune fille transporte un perroquet dans son sac à dos, fidèle compagnon dont elle ne se sépare jamais. Le pauvre oiseau est sans cesse balloté dans sa cage.


Le premier soir, l’arrivée au forest camp précède de justesse une pluie lourde et persistante. L’humidité gagne tout : draps, matelas, sacs à dos. Le lendemain, au high camp, la neige prend le relais. Le confort devient minimal, rappelant les hauteurs de l’Annapurna. L’après-midi s’étire dans la brume. On attend la nuit, blottis dans nos sacs de couchage, seul refuge contre le froid.


Départ à 5 heures pour le base camp, à 4 500 mètres. Le ciel est clair, constellé d’étoiles : une parenthèse de chance. La frontale éclaire les traces laissées dans une neige épaisse, qui recouvre les marches du sentier. Le soleil se lève sur l’Annapurna Sud (7219m). Rapidement, les premiers points de vue apparaissent sur le mythique Machapuchare (6993m), le « Fishtail ». Sa silhouette, nette et majestueuse, récompense l’effort.


On dispose de quelques minutes à peine pour profiter de la vue, capturer quelques images, avant que la brume ne revienne tout engloutir.