En quittant la Russie, le décor change brutalement. Fini les cabanes en bois : la Mongolie s’ouvre comme une mer d’herbe, parsemée de yourtes blanches (ger mongole). Pas de clôtures : chevaux, vaches, yaks, chèvres et moutons paissent librement.

Le béton est absent, remplacé par un décor pastoral intact. Les yourtes ne sont pas un folklore : les mongols vivent toujours dans ces habitations nomades, se déplaçant au rythme des saisons.


À Erdenet, nous assistons au Naadam, fête nationale mêlant lutte, tir à l’arc et courses de chevaux. L’ouverture est un défilé de traditions : costumes chatoyants, danses, démonstrations équestres. Spectateurs et participants, adultes comme enfants, sont en habits traditionnels. Certains arrivent à cheval, monture soigneusement apprêtée.


Autour, l’ambiance est celle d’une kermesse : stands de jeux, bingo, barbe à papa et jeux d’argent. Un enfant de six ans mise des billets en imitant les adultes, gestes assurés. On mange brochettes de mouton. L’ambiance est joyeuse, brute, sans filtre.


Invités dans une yourte, nous partageons un repas traditionnel offert par la ville. Accueil chaleureux, On nous sert du lait de jument, boisson rituelle, au goût piquant, presque vinaigré. Le fromage, de vache ou de jument, varie de moelleux à dur comme la pierre. On se rabat sur les fruits et les crêpes au mouton. Un homme fait tourner une petite fiole ronde en pierre dont le bouchon est poussé et contenant du tabac à priser au parfum camphré : chacun hume à son tour, dans un rituel qui tient du toast silencieux. Les sourires sont francs, on nous explique les coutumes avec patience et fierté.


Les Mongols nous accueillent avec bienveillance, fiers de partager leur culture. Entre « hello » enthousiastes et gestes explicatifs, on se laisse guider, curieux et un peu déboussolés.