Le tiroir de la cuisine n’a pas résisté aux innombrables dos-d’âne surprises surgissant sur les routes iraniennes. Rien d’irréparable : quelques coups de tournevis suffisent.


En approchant de Tabriz, la neige devient plus dense. À l’entrée de la ville, nous essuyons une tempête sur l’autoroute. Il fait nuit. Camions et voitures, surpris par l’intempérie, se sont accrochés un peu partout. De la tôle froissée surtout, mais l’ambiance se tend. Sous les flocons et la grêle, tout le monde ralentit.


Nous profitons de la ville pour faire des provisions et écouler nos derniers rials. Depuis notre arrivée, la monnaie s’est effondrée. En moins d’un mois, notre pouvoir d’achat a fortement augmenté, au grand dam des Iraniens contraints de composer quotidiennement avec une économie imprévisible. Des manifestations ont d’ailleurs éclaté la veille à Téhéran. Pour nous, il est temps de partir.


La route s’élève dans le Petit Caucase, déjà couvert de neige. À l’approche de la frontière, on nous offre une ultime fois le plein de gasoil. Nous longeons ensuite l’Azerbaïdjan occidental jusqu’à Norduz. Avec le regret de ne pas pouvoir rester plus longtemps, dans ce pays d’une générosité rare, où chaque arrêt était une invitation.


Tandis que presque toute la planète fêtait le nouvel an il y a trois jours, nous, en une seule soirée, basculons de 1404 à 2026.