« Si je fais demi-tour, on est bloqués. » Le 4x4 glisse sur une piste de boue liquide. Loïc à du mal à garder le cap. À trois kilomètres de la mer Caspienne, la nuit est déjà tombée. Il est 18 heures. Le Land Cruiser est engagé, comme une savonnette sur du carrelage mouillé. Les roues patinent, flottent sur la matière. Une bifurcation à droite. On tente le demi-tour. Marche avant, marche arrière, encore et encore. En vain. À force d’insister, on creuse notre propre piège.
Le verdict tombe : le véhicule est scotché dans la mélasse. « Il fallait bien que ça arrive un jour. » On passera la nuit ici. Des chevaux et un troupeau de bœufs passent tranquillement devant nous, jetant un regard presque moqueur. Un chacal s’approche et renifle une roue, comme si la nouvelle s’était déjà répandue.
Sous la couette, prêts à dormir, une lampe torche éclaire soudain l’habitacle. Un homme apparaît, bottes en plastique aux pieds. Il frappe à la vitre : « Je ramène le tracteur ? »
Il est 22 heures. On décline, on peut attendre le lendemain. À 7h30, le tracteur est là. En quelques minutes, le 4x4 est tiré hors de la boue, sans effort. L’agriculteur sourit. Une aide précieuse, offerte de bon coeur.