Notre vieux réchaud Coleman a rendu l’âme. En attendant la pièce métallique nécessaire à sa réparation, nous partons en quête d’une solution de secours. Dans le quartier des quincailleries de Tbilissi, nous trouvons finalement une petite bouteille de gaz surmontée d’un brûleur. Simple et suffisant pour poursuivre la route.
Jusqu’ici, le passage de la frontière avait à peine marqué le paysage. Les villages arméniens et géorgiens se ressemblent. La Géorgie paraît simplement un peu plus boisée.
L’arrivée à Tbilissi change toutefois la donne. Le contraste avec la campagne saute aux yeux. La capitale affiche un visage résolument européen. Les drapeaux de l’Union européenne flottent aux carrefours, les boulangeries proposent de véritables croissants et les vieilles Lada ont largement cédé la place aux voitures électriques chinoises et aux SUV de luxe.
Nous saisissons l’occasion pour faire halte dans les bains publics de la vieille ville. À l’entrée, des employées au visage fermé, visiblement rompues à des décennies de service, orchestrent les opérations avec une efficacité militaire. Un ticket, un geste du menton vers le vestiaire, et nous voilà livrés à nous-mêmes.
Les installations sont vieillissantes mais correctement entretenues. Rien de l’atmosphère apaisante des onsens japonais : ici, le confort est réduit à l’essentiel. Un casier, une douche d’eau soufrée. L’odeur caractéristique s’accroche à nos vêtements… et embaume la voiture.
Pour le déjeuner, nous découvrons les khinkalis, les célèbres raviolis géorgiens. Dans ce petit restaurant, il n’y a rien d’autre au menu. Deux cuisinières façonnent la pâte avec une dextérité fascinante, pliant et refermant chaque ravioli en quelques secondes avant de le jeter dans une marmite d’eau bouillante. À ce rythme, près d’une vingtaine de pièces apparaissent chaque minute sous leurs mains expertes.