Un détour s’impose jusqu’à Pangboche, pour apercevoir l’iconique Ama Dablam. Toute la journée, un brouillard dense engloutit le paysage, puis une grêle martèle les sentiers. Sur le chemin, les groupes de trekkeurs en route vers le camp de base de l’ Everest ralentissent la progression. Beaucoup sont arrivés par les airs, via l’aéroport de Lukla.
Par instants, le ciel s’ouvre. Des nuées de chocards à bec jaune tournoient au-dessus de nous, silhouettes noires portées par les vents d’altitude. Ils font partie du décor himalayens.
À Pangboche, l’accueil est chaleureux. La jeune hôtesse nous confie son prénom népalais, qu’elle traduit en souriant : « Sourcil ». À la demande de voyageurs indiens, elle entonne timidement une chanson en népalais. La soirée se prolonge autour du poêle, alimenté de bouses de yaks séchées. Autour d’un dhal bhat fumant, l’ambiance est conviviale.
L’Ama Dablam apparaît enfin. Des vautours décrivent de larges cercles dans un ciel limpide. Plus loin, on aperçoit le mont Everest rocheux, en retrait derrière le Lhotse glacial.
Le soleil, rare ces derniers jours, éclaire la scène. On s’attarde, on apprécie.
La redescente vers la vallée de Gokyo se fait sous la neige, dans une brume épaisse. Sur une pente, un groupe de tahrs de l’Himalaya apparaît. Peu farouches, ils nous observent un moment avant de reprendre leur progression sur les rochers.
Puis, une surprise, un phénix de l’himalaya. D’abord au sol, il s’envole à notre approche. Ses couleurs éclatantes traversent la brume en un éclair. L’oiseau emblématique du Népal disparaît aussi vite qu’il est apparu.