S’extraire du sac de couchage demande une volonté certaine : le froid mord, l’humidité s’infiltre partout. Depuis notre trek dans l’Annapurna, on a appris : glisser chaussettes, t-shirt, pull et gants dans le sac pendant la nuit, pour qu’au réveil rien ne soit gelé.


Dans la salle commune, des thés fumants nous attendent. Dehors, le ciel est limpide. Les sommets, blancs et tranchants, s’illuminent lentement.

La marche vers Dragnag suit la vallée de Ngozumba, longue et exigeante. À près de 4 500 mètres d’altitude, chaque pas pèse. Loïc s’arrête un instant, distrait par des perdrix. Plus loin, je discute avec une vieille femme qui remonte de la rivière, chargée de bidons d’eau. Elle s’accorde une pause. Elle vit chez son fils, avec sa famille, dans une maison qui fait aussi office de petit lodge, le “Sherpa Lodge”.


On nous y invite. Dans une pièce simple, on partage une poêlée de pommes de terre du jardin et un thé au lait. Le propriétaire parle quelques mots d’anglais ; il est parfois porteur pour des groupes de trekkers, la discussion est brève.


À Dragnag, le soir tombe dans une lumière spectaculaire. Nous sommes reçus par une femme au caractère bien trempé, qui dirige sa maison de thé d’une main ferme. Elle nous apporte un seau d’eau chaude en guise de douche. Elle allume le poêle, puis s’installe près de nous.


Rapidement, elle se replie dans ses prières, chapelet à la main, elle murmure pendant des heures. Le rituel nous échappe, mais l’atmosphère est apaisante. Le Dal Bhat, lui, est remarquable.