La vapeur s’élève dans l’air froid. Immergés dans une eau à peine chaude, nos corps se détendent. Les oreilles brûlent. Au bord de la rivière Vorotan, nous profitons d’une source chaude après plusieurs jours de route. Une douche improvisée, je me savonne rapidement, pieds nus dans la neige, pendant qu’un troupeau de vaches, cloches tintantes, passe à côté de nous. Le berger, bâton à la main, salue discrètement, indifférent à la scène.
Dans les environs, nous rencontrons Fred, un Français installé ici depuis dix-sept ans, tombé amoureux des montagnes arméniennes. Avec sa femme Leila, Éthiopienne, ils vivent paisiblement à Sisian. La discussion s’étire autour d’une bouteille de vin arménien. Leila s’active en cuisine : demain, le 6 janvier, c’est Noël pour les orthodoxes. Les plats se préparent pour être partagés entre voisins.