« Regarde ce que j’ai trouvé… » souffle Loïc, comme si quelqu’un pouvait nous démasquer. Dans sa main, un petit carnet rouge orné d’une médaille frappée de l’inscription « CCCP » et du profil de Lénine.


Pour entrer, il a fallu escalader un mur puis se glisser par une fenêtre brisée. Derrière, le temps s’est arrêté. Cet ancien complexe administratif, autrefois occupé par le syndicat communiste, est abandonné depuis la chute de l’Union soviétique. Autour des bureaux, une centrale électrique et un laboratoire de chimie complètent le décor figé dans le passé. C’est Jonathan, un passionné d’histoire rencontré sur la route, qui nous a indiqué l’endroit.


Le laboratoire est le lieu le plus saisissant. Les pièces plongées dans l’obscurité, les portes qui claquent sous les rafales de vent et le silence pesant créent une ambiance presque irréelle. Chaque bruit fait palpiter le cœur. L’exploration prend des airs d’épouvante.


Avant de repartir, nous emportons quelques vestiges de cette époque : des cartes du syndicat communiste, des bons de cotisation et plusieurs affiches jaunies expliquant le port du masque à gaz. Loïc déniche même deux masques poussiéreux dans une cave.


Nous quittons les lieux le souffle court, les cheveux couverts de toiles d’araignée et avec la sensation d’avoir traversé un fragment d’histoire oublié.