Paisible, c’est le mot. Trois villages accrochés à la montagne, accessibles seulement à pied. On traverse un pont suspendu, puis huit kilomètres de sentier avant d’atteindre un petit lac qui sépare deux hameaux. Une dizaine de familles vivent ici, dans des maisons de pierre à une seule pièce. Une porte, une fenêtre, un poêle, le nécessaire, rien de plus.


Sur le chemin, chèvres et mules ralentissent la marche. Des fillettes rient en nous observant, entre timidité et curiosité. L’une, aux yeux bleus et aux cheveux clairs, détonne parmi les visages hâlés par le soleil.


Une vieille femme nous invite pour le thé. Elle s’affaire pour nous offrir tout ce qu’elle possède de cosmetible. Dans l’unique piece, trois hommes nous accueillent. L’un parle un anglais hésitant, mais suffisant pour tisser un lien. Il sort un accordéon, son neveu s’empare d’un djembé. Les premières notes emplissent la maison. Une chanson pamirie résonne, rauque et vibrante. Un troisième homme se lève pour danser, la vieille dame rit, les yeux brillants. Le temps s’efface dans cette petite fête improvisée.