Loïc freine brusquement. Il descend.

— Qu’est-ce qu’il se passe ?

— Des traces d’ours.

Les empreintes longent la route, nettes dans la poussière. On passe l’après-midi à scruter les pentes, jumelles en main. En vain.


La route serpente vers l’ouest. On franchit des ponts suspendus qui tanguent sous le poids du 4x4. Chaque passage est un pari : le pont tiendra-t-il nos trois tonnes ? On sort parfois inspecter les planches, l’air expert. On traverse vite, jamais totalement rassurés, mais toujours indemnes.


On embarque quelques auto-stoppeurs. La conversation se limite à des gestes et quelques mots de russe mal prononcés. L’ambiance reste joyeuse. Chaque trajet finit par une invitation à la maison.


Sur la route, on zigzague entre chèvres, mules chargés de sacs ou de pierres. Le ruban d’asphalte s’accroche aux falaises, vertigineux et magnifique.

Un homme à moto nous fait signe, il fait demi-tour. Par la fenêtre, il tend un sac de noix et des pommes « Welcome Tadjikistan ».