Le sentier passe de l’autre côté de la rivière. Soulagement : nous n’aurons pas à marcher sur la route. Le chemin serpente à travers de petits villages Gurungs accrochés à la montagne. Nous marchons au milieu des poules, des chèvres et des vaches, au milieu de la vie quotidienne. Les femmes font la lessive et la vaisselle au point d'eau.
Partout les pentes sont striées de cultures en terrasses. Chaque famille semble avoir son lopin de terre et quelques bêtes. On nous propose un dhal bhat préparé avec les légumes du jardin, même le riz pousse à quelques mètres de la maison.
À chaque passage devant un petit hôtel coloré, quelqu’un surgit pour nous interpeller : une chambre, un repas, un thé, du cannabis…
En chemin, nous croisons régulièrement des villageois portant d’énormes fagots de feuilles sur le dos, retenus par une sangle frontale. Jusqu’à 50 kilos, destinés à nourrir le bétail.
Nous traversons aussi les fameux ponts suspendus. Loïc les franchit avec aisance ; pour moi, c’est une autre histoire. Les planches espacées laissent apparaître le vide sous nos pieds, et la traversée me donne quelques sueurs froides.
Le ciel reste couvert. Difficile de dire si ce voile vient de la météo ou de la pollution qui stagne dans la vallée.
Lorsque le soir tombe nous déposons nos sacs dans la première guesthouse venue, heureux de pouvoir nous arrêter là pour la nuit.