Une portion du sentier est détruite. Nous devons rejoindre la route sur plusieurs kilomètres, traversant des zones de travaux. Les camions soulèvent des nuages de poussière et, au détour d’un virage, apparaît un immense chantier de barrage hydraulique, marqué par des fanions chinois à l’entrée.

Heureusement, le petit chemin réapparaît et s’enfonce dans la forêt.


À Chame, nous retrouvons quelques randonneurs croisés la veille, Allemands, Anglais, Canadiens. Au fil des rencontres et des discussions, nous choisissons une auberge réputée parmi les trekkeurs. La salle est pleine. Des marcheurs venus du monde entier se serrent autour des tables. Guides et porteurs partagent le repas avec nous. Les conversations se croisent, les histoires de sentiers circulent.


Le chemin continue ensuite dans la forêt. L’Annapurna II, culminant à près de 7 900 mètres, domine l’horizon. Nous passons la journée à contourner ce géant.


Nous marchons un moment avec deux porteurs. Leurs clients allemands ont pris de l’avance. Chacun porte près de trente kilos : les sacs sont liés par des cordes et maintenus par une sangle frontale, à la manière des villageois qui transportent bois et feuilles. Ils racontent, non sans fierté, effectuer ce trek pour la quarantième fois.


En fin de journée, nous posons nos sacs dans une petite auberge au bord du Lac Vert, quelques kilomètres après Upper Pisang. L’endroit est paisible. Des moines se promènent autour du lac sacré. À l’intérieur, notre hôte allume un feu dans le poêle central. À 3 260 mètres, nous espérons trouver le sommeil.