Reggaeton à fond dans les enceintes, femmes qui dansent et frappent dans leurs mains à l’arrière des tuktuks bariolés : difficile de croire que l’on est en Iran. Sur un scooter rose bonbon, des vacanciers nous saluent, cheveux au vent. Hormuz respire la gaieté. Ici, on oublie tout, même le continent.
Nous sommes arrivés sur les conseils d’un restaurateur rencontré la veille. Dans son petit établissement de bord de route, Hamed nous a servi l’un des meilleurs repas du pays. Heureux d’accueillir des voyageurs, il a refusé de nous laisser payer. Avant de nous quitter, il nous a parlé de sa région avec fierté, nous ordonnant presque de découvrir Hormuz.
Une route de 30 km fait le tour de l’île. Pas de voitures : seulement tuktuks et mobylettes qui sillonnent chaque recoin. À la sortie du bateau, la moitié du village nous attend derrière la grille du port : chauffeurs, guides, loueurs… Loïc choisit une moto chinoise. Et nous voilà embarqués dans un véritable manège.
On suit les petits véhicules saturés de touristes qui se trémoussent sur des rythmes endiablés. Les sites sont disséminés tout autour de l’île ; chaque arrêt ressemble à une petite foire : stands de robes de plage, masques traditionnels, bijoux de coquillages, boissons fraîches. Partout, le même rituel : les visiteurs posent devant les montagnes de sel, la plage rouge, la grotte de sel, la vallée des couleurs.
La géologie, ici, est un spectacle. La terre, riche en minéraux, déploie un éventail de teintes stupéfiant. Des colonnes de sel surgissent des falaises. Le contraste avec l’eau bleu azur est saisissant.
Très vite, c’est nous qui devenons l’attraction. Vacanciers iraniens et habitants, surpris de croiser des étrangers, se pressent pour nous saluer, nous inviter, échanger quelques mots. Une effervescence spontanée et chaleureuse.