Avez-vous déjà payé un plein d’essence avec une poignée de bonbons ?
En Iran, c’est possible. Ici, le gasoil coûte moins de 0,003 euro le litre. Merveilleux !
Seule contrainte : il faut une carte spéciale pour se servir. Le diesel est réservé aux camions ; les voitures roulent presque toutes à l’essence. Mais en Iran, les règles s’accompagnent toujours d’une solution humaine. Les chauffeurs routiers généreux activent la pompe pour nous et partagent leur carburant, par petites quantités, entre deux plaisanteries mal traduites.
Nous tentons de payer. Refus catégorique : « C’est cadeau ! » ou le très entendu « You are my guest. »
Alors nous insistons autrement : fruits, biscuits, bonbons. L’un d’eux nous offre même un jerrican supplémentaire, « au cas où ».
Tout autour de nous, nous suscitons l’admiration et l’envie. Sur les routes s’enchainent Klaxons amicaux, pouces levés et sourires sincère. Des jeunes à scooter frappent à la vitre en roulant pour échanger quelques mots. Les téléphones se lèvent, les selfies s’enchaînent. Dans leurs yeux, nous passons presque pour des super-héros.
Et chacun veut participer à l’aventure : un thé, un repas, quelques dattes, une nuit à la maison. Offrir, ici, est un réflexe. Une manière de dire bienvenue, et peut-être aussi de voyager un peu avec nous.