Nous déplions la tente à la veille du retour sur Honshu, l’île principale du Japon. L’idée était belle : une longue plage isolée, sable blond sur Google maps. La réalité, moins poétique : une étendue jonchée de déchets charriés par la mer — filets de pêche, bouteilles, vestiges flottants venus parfois de Chine, nous dira-t-on. La désillusion est palpable, mais il est trop tard pour changer de plan.

Le lendemain, la pluie ruine nos plans de traversée à vélo les cinq petites îles qui nous séparent de la grande terre. On s’arrête à Ikuchijima, l’île au citron. Flânerie dans les ruelles d’un village figé dans le temps.

Devant un petit temple, une nonne au sourire large, un énorme chat magnifique dans les bras, nous accueille chaleureusement. Elle nous invite à entrer pour admirer un arbre en fleurs.

À l’intérieur des murs de bois et de papiers, deux hommes prennent le thé, assis à même le sol autour d’une table basse. Un petit patio dévoile un cerisier en pleine floraison, rose éclatant. Une scène délicatement japonaise.

On dépose Arnaud à la gare, départ lourd en émotion.

Direction Matsue, ville portuaire, dernier rempart avant la Russie.