La to-do liste est dense :
- Régler le ferry (paiement en cash seulement)
- Réparer une fuite de diesel au niveau du chauffage
- Consolider la galerie du Land Cruiser (200 kg sur le toit, c’est trop)
- Nettoyer et vider intégralement le véhicule — exigence stricte des douaniers russes
- Retirer des espèces pour la Sibérie, nos cartes bancaires inutilisables.
- Cuisiner toute la nourriture qu’il nous reste et la manger (partie la plus facile)
Mais tout s’enraye. Aucun carrossier ne veut nous prendre : planning saturé, projets trop lourds. Trouver un soudeur devient mission impossible.
Notre contact russe, Yuri, nous presse pour fournir des documents supplémentaires. Le stress monte...
Et là, c’est l’accident !
Un carrefour mal fichu, un stop mal interprété. On pense les voitures viennent de droite — erreur. Une petite voiture, modèle cube japonais, déboule à toute vitesse par la gauche. Loïc pile, la voiture tente d’éviter… trop tard.
L’impact est modéré, mais net. Le cube heurte notre pare-buffle et le cric que nous venions d’installer.
Je cours vers le cube rose pastelle, le cœur battant. Le pare-brise est éclaté, le flanc droit déchiré. Mais la jeune conductrice, sourit : elle va bien. Soulagement immédiat.
Côté matériel :
- Pare-buffle rayé
- Cric tordu
- Capot enfoncé
- Une protection plastique du pare buffle manquante
Plus de peur que de mal. Notre assurance au tiers couvrira les frais pour la voiture japonaise, bien plus abîmée.
Au Japon, la procédure est rigoureuse. Trois policiers sont dépêchés, une demi-journée de paperasse, des appels à l’assurance. Tout le monde est d’une politesse remarquable, les policiers se montrent rassurants. Le cube rose est remorqué, fin d’un épisode nerveusement épuisant.
Ajout à la to-do liste :
- Combler et peindre le coup sur le capot
Alors qu’on commence à désespérer, une adresse finit par nous être soufflée (merci chatgpt) : un petit mécano qui travaille dans le garage de ses parents, une maison au toit courbé perdue au milieu des rizières.
Il ne parle pas un mot d’anglais, marmonne un japonais mâchouillé que Google peine à déchiffrer, mais il rit sans cesse. Il semble amusé par notre épopée et accepte de nous aider.
Sa mère nous offre le thé et des chaussons aux pommes, nous fait visiter son jardin manucuré, ainsi que ses aquariums improbables, indissociable du bric-à-brac ambiant et pourtant peuplés de poissons rares. Elle marmonne le même japonais mâchouillé que le fils et partage la même joie de vivre.
Ce duo chaleureux, inattendu, nous fait passer un bon moment.
Le mécano découpe des réglettes d’aluminium plus épaisses, qu’on installe sous chaque patte de la galerie. On remplace aussi les boulons de serrage. Ce n’est pas une grande réparation mais on espère que ça tiendra jusqu’en Mongolie.