Arrivée tardive à Isfahan après une longue journée de route depuis l’antique Persépolis. On gare le 4x4 dans une ruelle calme, pour ce soir ce sera parfait. C’est Noël. On s’en rend compte presque par hasard. En Iran, la fête passe inaperçue. Pour marquer le coup, on choisit un restaurant un peu chic. Un festin. Nous n’avions pas aussi bien mangé depuis notre départ du Japon.
Le lendemain, retrouvailles avec Nafisseh, Vahab et leur fille Elena, rencontrés quelques semaines plus tôt à Bandar Abbas. Ils sont impatients de nous faire découvrir leur ville. Isfahan est un trésor à ciel ouvert : mosquées, ponts, places monumentales, artisanat d’exception. Dans le bazar, les tissus, les objets, les tapis fascinent par leur finesse. Les prix défient toute concurrence. Un vendeur de tapis nous invite à boire le thé pendant qu’il déroule devant nous ses plus belles pièces de soie. Magnifique… mais impossible d’en emporter une dans notre coquille d’escargot déjà pleine a craquer.
Guidés par nos amis, nous goûtons aux spécialités locales, dont le fameux biryani. Dans un minuscule restaurant sans prétention, la foule s’agglutine à l’entrée. Ticket à la main, on attend dehors qu’une place se libère. « Le meilleur biryani de la ville », nous assure Vahab. Il a raison.
La nuit tombe sur le pont Khaju. L’eau a disparu depuis quinze ans. Sous les voûtes, les voix des hommes s’élèvent, puissantes et mélancoliques, rappelant les chants corses. Isfahan murmure, grave et émouvante.