La route s’élève lentement dans les monts Zagros. À mesure que notre bolide grimpe, nous perdons notre plus fidèle compagne de voyage. La poussière qui ne nous avait plus quitté depuis notre rencontre en Mongolie, disparaît enfin. Les sommets blanchissent, la neige borde la chaussée.


Nous cédons à l’appel de la poudreuse. Dans le domaine de Dena, des traces d’ours, vieilles d’un jour ou deux, excitent l’imagination. Il n’en faut pas plus pour que Loïc passe l’après-midi à scruter la vallée à la lunette. Un garde forestier se joint brièvement à la partie, il raconte avoir croisé un léopard la semaine dernière. Mais la montagne gardera ses secrets aujourd’hui.


Les « Alpes iraniennes » offrent un décor hivernal féerique. À la sortie des villages, de grands enfants chaussés de bottes en plastique glissent sur les pentes enneigées. Peu de skieurs, beaucoup de luges. Le long de la route, des énormes chambres à air se louent pour dévaler la pente, seul ou en famille sensations garanties ! Au bord de la chaussée on sert brochettes, thé et chicha, assis dans la neige.


Au fond d’une vallée, la cascade de Margoon apparaît, partiellement gelée. Le village voisin est presque désert, quelques chiens dépressifs nous accueillent mollement. Dans l’unique boui-boui ouvert, on nous sert une truite grillée, délicieuse.


À la tombée du jour, près de la cascade, trois loups surgissent à une dizaine de mètre. Descendus de la falaise discrètement, ils nous observent un instant. A peine découverts, ils disparaissent aussitôt. Alors que le ciel nous offre un spectacle étincelant, le froid, lui, nous chasse sous la couette.