Au pays des rois, le ciel est voilé, saturé de pollution, comme partout en Inde. La lumière perce malgré tout, dure, écrasante.
On se perd dans le dédale des ruelles de la vieille ville. Partout, le bleu domine. Les façades sont teintées d’indigo, couleur associée aux Rajputs, caste des maharajas. Une mer de bleu sous le soleil brûlant.
Comme à Delhi, les regards s’accrochent. On nous interpelle, on nous observe. Un homme s’inquiète même de nous voir marcher en pleine journée. « Cette chaleur n’est pas faite pour les Occidentaux », insiste-t-il, nous conseillant de nous abriter jusqu’à la fin de l’après-midi.
Mais on continue. Au détour d’une ruelle, des fresques murales attirent l’œil. Puis, surprise : l’artiste est là, pinceau à la main, en train de donner vie à une nouvelle œuvre. Il nous aborde, heureux d’être reconnu dans son décor.
Au marché, l’ambiance change. Les singes règnent en maîtres, chapardent, provoquent. Les commerçants, armés de bâtons, montent la garde avec méfiance. À quelques mètres, les chiens, massifs et indifférents, dorment à même les capots des voitures, qu’ils finissent par déformer sous leur poids. Nourris dans les temples, ils vivent sans être inquiétés. Certains automobilistes posent même sur leur voiture des tapis hérissés de pointes pour les dissuader.
La cuisine rajasthanie, elle, ne déçoit pas. Épices, parfums, textures : un festival pour les sens. Un peu moins pour l’estomac de Loïc, mis à rude épreuve pendant plusieurs jours.
Les boutiques débordent de richesses. Soies, cachemires, broderies fines… De véritables cavernes d’Ali Baba où s’entassent tissus, sculptures, bijoux, vaisselle en argent et poteries. Difficile de résister. Les prix, eux, achèvent de convaincre.