Par où commencer ?
La chaleur, d’abord. 40°C écrasant, on étouffe dès que l’on quitte la climatisation. Comme entrer dans un four à ciel ouvert.
Notre première impression est mitigée : un peu de déception, mêlée à un certain soulagement. Avant d’arriver en Inde, on s’était préparés au pire, nourris de récits alarmants. Finalement, le Népal, le Sri Lanka et surtout l’Afghanistan nous ont aguerris. Le fameux « choc de l’Inde » n’a pas lieu.
À Delhi, certaines rues surprennent : propres, même désertes. Mais la plupart restent bruyantes et encombrées. Marcher à pied devient une curiosité. Les touristes, eux, se déplacent surtout enfermés dans des taxis climatisés ou des tuk-tuk. Un inconnu va même jusqu’à en héler un pour nous, persuadé de nous rendre service en nous envoyant vers un centre-ville jugé « plus adapté ».
Difficile de faire deux pas sans être interpellés. « Hey ! Where you from, my friend ? » Certains cherchent à vendre, d’autres à guider vers une boutique ou un restaurant. Quelques-uns sont simplement curieux, parfois avides d’une photo.
Traverser une rue relève presque de l’exploit. Le trafic est dense, chaotique. À peine au bord de la route, les tuk-tuk surgissent, prêts à capter le client. Refuser demande insistance. Toujours.
Ajoutez à cela le concert incessant des klaxons, et les journées sont loin d’être sereines.
Alors on se refugie dans les sites touristiques, qui offrent un autre visage. Plus paisible. Les jardins, les palais, une fraîcheur inattendue au cœur de la ville. Ici, les rabatteurs se font discrets, les visiteurs flânent. On respire un peu.
Mais Delhi reste une mégapole étouffante. Pas faite pour s’y attarder longtemps. Très vite, l’envie de partir s’impose.
Nous prenons le train vers le Rajasthan.
En quittant la ville, le décor change encore. Le long des voies ferrées, des bidonvilles s’étirent. Des hommes se lavent à l’aide de seaux, en plein air. Des enfants jouent sur les rails. Un dernier regard, brutal.