Le sommeil, haché, donne l’impression de ne jamais vraiment plonger dans le repos. Pourtant, au matin, la fatigue ne se fait pas sentir.
Nous grimpons la colline qui mène au temple de Gyrau. Là-haut, la vue s’ouvre sur l’Annapurna II, immense et silencieux. Une vieille femme népalaise tourne lentement autour du temple, un chapelet entre les doigts. À chaque pas, elle fait tourner les moulins à prières. Quelques villageois nous interpellent pour vendre des sodas ou du fromage de yak.
Nous arrivons tôt à Mungii. Une auberge affiche fièrement un slogan prometteur : les meilleurs burgers de yak de la vallée. L’électricité est capricieuse et la douche chaude difficile à apprivoiser, mais cela fait partie du décor.
Dans la soirée, nos compagnons de route allemands nous rejoignent. Nous battons les cartes près du poêle et la chaleur de la pièce contraste avec le froid de la montagne.
Une journée d’acclimatation s’impose. Le lac Kicho Tal, perché à 4 600 mètres, semble parfait pour cela. Nous laissons les sacs à l’auberge et entamons l’ascension.
La montée est rude. Le souffle devient plus court dans les pentes. Pourtant l’altitude reste étonnamment supportable.
Au sommet, nous nous autorisons même un petit footing autour du lac gelé.
Un trekkeur et son guide nous invitent à partager une tasse de café. Ils ont installé leur popote pour cuisiner : nouilles chinoises et biscuits au menu. Le vent se lève, violent et froid. Il est temps de redescendre.
À Manang, la surprise est totale. À 3 500 mètres d’altitude, les boulangeries se succèdent. Croissants, pains au chocolat, machines à café italiennes…
Tout le confort d’un petit café européen, posé au milieu des montagnes de l’Himalaya.