Arrivés à Muktinath en randonneurs, nous tombons, par hasard, sur une foule dense aux abords du temple de Vishnu. Les cloches résonnent sans relâche. Beaucoup de femmes sont vêtues de rouge, tandis que des hommes, torse nu et enveloppés de serviettes, avancent d’un pas déterminé vers des bassins.
La curiosité nous pousse à entrer. Certains pèlerins s’immergent entièrement dans une eau verdâtre, peu engageante. D’autres passent en courant sous les 108 fontaines sacrées, dont l’eau glaciale saisit le corps. La purification du karma est un acte de foi. Plus loin, des femmes déposent des offrandes au pied d’un arbre, murmurant des prières inaudibles dans le tumulte.
Une longue file serpente autour du petit temple, deux fois le tour du bâtiment. Nous apprenons qu’il s’agit de Chaitre Dashain, une grande journée de pèlerinage mêlant rites hindous et bouddhistes. L’atmosphère est intense, ouverte à tous, empreinte de ferveur et d’abandon.
Des personnes âgées ou affaiblies sont transportées à cheval ou portées sur des palanquins, soutenues par deux hommes. Les sâdhus, reconnaissables à leurs dreadlocks, leurs turbans et leurs visages peints, sont assis au milieu de la foule. Certains bénissent, d’autres prient contre quelques billets. L’un nous béni d’un bâton orné de plumes de paon, un autre dépose un point doré sur mon front.
Autour, vendeurs ambulants, mendiants et pèlerins se mêlent dans une agitation constante.
Nous trouvons finalement refuge dans un hôtel. Le repos est attendu depuis des heures.