La vue est irréelle. Une vallée blanche à perte de vue, traversée par une rivière d’un bleu glacé. Sur les flancs abrupts, des troupeaux de bharals se déplacent avec aisance, indifférents aux randonneurs.


Les rafales violentes, il oblige parfois à s’accroupir pour garder l’équilibre. La neige a recouvert la montagne et effacé le sentier. Par endroits, la glace affleure : sans crampons, la progression serait hasardeuse.

Un pont suspendu de 300 mètres de long amène à Thorong Phedi. Trop long, trop exposé au vent. Je descends par le sentier des mules et traverse le lit de la rivière.


Pause dans une auberge tenue par des rastas Népalais. On y sert du thé tibétain : lait et beurre de yak, épais, salé. Le goût ne séduit pas tout le monde, mais la chaleur qu’il procure est immédiate.


Nous poussons la montée jusqu’au High Camp, à 4 800 mètres. Le refuge est rudimentaire. À l’intérieur, le froid est omniprésent. Les chambres sont sommaires, glacées, balayées par l’air qui s’infiltre à travers les interstices des portes en bois et des fenêtres. Les matelas sont humides, durcis par le gel. Les sacs de couchage seront indispensables.


Ici, pas d’eau courante. Pour boire, il faut briser la glace dans un tonneau à l’extérieur, et puiser à la louche.


Une seule pièce est chauffée, timidement, par un poêle. Tous s’y rassemblent. Dans cette salle étroite aux murs de bois, décorée de portraits du Dalaï-Lama, guides, porteurs et voyageurs partagent un même refuge. Chacun improvise pour sécher gants, chaussures ou chaussettes. Un Allemand arrache les pages déjà lues de son livre pour alimenter le feu.


La nuit s’annonce longue, rude, incertaine.


- Double paires de chaussettes,

- 2 leggings molletonnés,

- un pantalon,

- un sous pull thermique,

- une polaire,

- une doudoune,

- un tour de cou,

- un bonnet,

- des gants

- le sac de couchage 0°C avec la capuche

- une couette par dessus.

Bonne nouvelle on n'a pas eu froid !