Traverser une rivière relève parfois plus du flair que de la technique. En Mongolie, l’été, je m’aventurais en culotte dans l’eau glacée pour vérifier m’assurer que le 4x4 suivrait. Mais l’automne, le vent et le froid coupe la motivation. Alors on s’en remet à l’instinct et au conseil de Lyle : « boîte courte, seconde, et si ça coince, rétrograde. »
Par chance, un cowboy nous montre la voie. Max, en treillis militaire de garde-frontière, juché sur son cheval, nous invite à le suivre jusqu’à sa ferme, isolée au fond de la vallée du Chong Kemin.
Le toit de tôle brille comme un phare accroché au flanc de montagne. Les galettes de bouse sèchent au soleil, combustible pour l’hiver. Max selle deux chevaux pour nous mener jusqu’au lac. Il ouvre la marche, suivi de ses chiens, Rex, comme la plupart des chiens du pays.
Le paysage est grandiose : sommets enneigés, herbes roussies plongeant vers un torrent glacé. Une vingtaine d’ibex traversent la pente gelée au-dessus de nous. Les chiens nous ouvrent le passage, fendant un troupeau de yaks.
Face au lac, avec Krzys et Joanna, nos amis polonais, nous partageons un pique-nique modeste dans un décor immense.