Le vieux Tadjik m’indique du doigt un bâtiment décrépi, perdu dans la nuit. La température frôle les -5°C. J’hésite, mais l’homme insiste, ouvre la vieille porte de bois rongé par le gel.


À l’intérieur, la pénombre. Les murs suintent l’humidité, une ampoule nue balance au bout d’un fil. Une lourde porte en fer, taguée de rouge.


L’homme me la montre du doigt, avec un signe de tête. Mon instinct me retient.


Puis une voix familière perce la nuit : « Meryl ? » Joanna ouvre la porte, un nuage de vapeur s’en échappe. Elle rit, debout dans un bassin d’eau turquoise, la peau rougie par la chaleur.



Je me glisse à mon tour dans l’eau brûlante. Le clair de lune perce par une fenêtre sans vitre. Le silence est seulement brisé par le clapotis de l’eau contre les pierres. On laisse la chaleur nous traverser. Quelques heures plus tard, la peau encore brûlante, on regagne nos voitures pour la nuit.




Une famille tadjike entretient deux bassins, où jaillit la source chaude. Ils accueillent chasseurs et voyageurs. Le matin, les femmes y font la lessive, le linge fume dans l’air glacé.